De Lairedubeau, mais... au fait, êtes-vous blonde?
Car telle était la dame avec son petit chien,
Dans le train de nuit, et... qui avait tant de chien!
« Que faites-vous donc dans ce champ,
A part brouter de temps en temps ? »
« Je vois souvent passer les trains,
Jamais n’envie le sort humain !
Faut être fou pour voyager
D’un point à l’autre toujours aller.
A quoi vous sert la course folle ?
Est-ce pour mériter l'obole ? »
« Vos habitudes sont toutes simples,
Vous ruminez sans que complainte
Ne rejaillisse de votre panse
Et votre esprit jamais ne pense ».
« Pour vous, s’il ne vous parait pas
Que nous vivions dans le tracas,
Nous mettons toutes un point d’honneur,
A mériter notre bonheur.
Avec toutes mes compagnes
Nous battons fort vos campagnes.
Chaque brin d’herbe est malaxé
Pour en extraire notre chiquée. »
« Vous avez l’existence triste,
Ne pouvant vous sentir artiste,
Vous passerez tout votre temps,
A ruminer là dans ce champ. »
« Nous vous cédons allègrement,
La fièvre de vos déplacements
Une fois par an, nous nous bougeons,
Et à la ville, nous nous rendons ».