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Textes hors-recueil
1. Promenade
crisix
Par crisix
Texte daté de 2020/07/12
Texte écrit suite à une promenade pleine de mystère et d'émotion, un soir d'été, dans un faubourg, désert mais non dénué d'histoire, où la végétation avait repris ses quartiers.
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Promenade
Il est des faubourgs,
déserts mais non dénués d'histoire,
où la végétation, ayant repris ses quartiers,
devient, les soirs d'été,
le décor de promenades,
pleines de mystère et d'émotion,
pendant lesquelles l'envie de rentrer chez soi,
regarder la TV, ou faire la vaisselle,
semble d'autant plus répugnante que l'imminence de la nuit fait éclore des réflexions,
d'une part sur l'évanescence des choses,
d'autre part sur l'agrandissement de la perception qu'on a d'elles.
[NDLR, cher lecteur, lectrice chérie, nous avons conscience que la phrase précédente, longue et s'achevant sur les prémices d'un gloubiboulga, risque de vous faire fuir. Aussi, allons nous suggérer à l'auteur l'emploi d'une métaphore afin d'apporter à son récit un peu d'air et de poésie]
Rarement torche de chevalier n'a gagné en vigueur une fois l'orage éclaté.
[NDLR, cher lecteur, lectrice chérie, nous venons de réaliser que l'auteur n'est ni Baudelaire ni Jim Morrison. Désolé. Laissons-le poursuivre comme si de rien n'était]
Comme si de rien n'était, tu parles. Me voilà stoppé en plein galop, au milieu de nulle part. J'en étais où déjà ? Pff. Obligé de relire la fin de l'immense phrase introductive : évanescence des choses... agrandissement de la perception. Paradoxe intéressant que seuls les nigauds prennent pour un gloubiboulga.
Ces mêmes nigauds m'imposent l'emploi d'une métaphore alors qu'il aurait suffit, pour illustrer mon propos, de rappeler des vérités plus ou moins connues : les non-voyants ont une ouïe plus fine que les oui-voyants. Les sourds un odorat subtil de chien truffier. Les enrhumés une "bision berçante".
Bref, réjouissons-nous d'avoir plusieurs sens. Sans quoi, certaines expériences sensitives nous seraient inatteignables, sauf à s'aider de substances hallucinogènes. La transmutation sensitive par exemple, connue depuis l'âge d'or de l'alchimie (et dont moult chercheurs bredouilles se seraient bien contentés). En quoi consiste-t-elle, c'est l'objet du paragraphe suivant.
Lors d'une promenade d'été, dans un faubourg désert mais non dénué de végétation, l'expérience susmentionnée se déclenche aux derniers instants du jour, lorsque le vert des feuillages vire doucement au noir, que les feuilles ne se distinguent bientôt plus que par contraste avec le ciel, moins sombre.
Au même moment, très loin d'ici, des juillettistes, en tongs ou pieds nus dans le sable, se contentent de feindre l'indifférence (dixit une injonction publicitaire de la marque de lingerie Aubade). Pourtant, ils sont profondément tristes. Ils viennent aujourd'hui encore d'enterrer leur rêve de voir leur premier rayon vert. Pourtant, impossible de compatir à leur déception lorsque, ici, nous promenant dans la presque-pénombre de notre théâtre d'ombres et de verdure, la crainte de trébucher va jusqu'à inhiber notre aptitude à nous émouvoir du bruissement, si proche, des feuilles des arbres. C'est pourquoi, lorsque bruissent les feuilles des arbres et que s'esquisse, sur notre peau d'été, une chair de poule, cette réaction physiologique n'est en rien mue par l'émotion. Cette chair de poule, elle vient, comme bien d'autres, de la sensation de froid, laquelle vient, ce soir, et là c'est exceptionnel, avec le vent que le simple fait d'entendre un bruissement a fait souffler dans notre esprit.
On s'invente un vent. On s'in-vente.
Réaliser cela rend l'instant tellement délectable qu'on voudra le faire perdurer. Mais le vent inventé semble trop doux (attention métaphore) pour balayer le sable noir, des marchands de nuit, qui recouvrira, sans gêne, nos vestiges visuels, au premier rang desquels, la végétation.
Ce vieux rêve d'éternité, il se réduit aujourd'hui au désir intense que l'instant présent s'étire de quelques quarts d'heure encore. Inutile de pactiser avec Lucifer en personne pour le réaliser. La métaphore du sable permet en effet de se contenter d'une sorcière, tout à fait folklorique, chevauchant un balai dans l'orage.
Les non-croyants et les non-poétisants devront trouver autre chose pour attiser la lumière du jour. Par exemple, prier en secret que la ville voisine, la nôtre d'ailleurs, victime d'un vaillant pyromane, ne s'embrase en un fffffff de tous les diables. Rapidement, les charpentes s'effondrent et les gens fuient leurs demeures. Voilà ça panique, ça fourmille, puis ça s'organise parfaitement le long de la rivière. La peur et la joie de s'entraider font se côtoyer les détenteurs de vastes vaisseaux et les plus démunis qui, plusieurs fois, plongent leurs mains en sébile dans l'onde tiède. Tous recueillent de la rivière de quoi tuer le feu.
Le feu se meurt, meurt de sécheresse. La rivière se vide.
Au même moment, non loin d'ici, dans les faubourgs déserts, le sable limoneux de la nuit émerge à nouveau.

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