De l’astre blanc les rais scarifient la lagune
Ses os nus et mouvants trahissent la noirceur
Des eaux envenimées où le sombre passeur,
Sarcastique nocher, moque mon infortune.
A travers les déserts et les seins blonds des dunes,
J’ai erré et rêvé à d’absurdes douceurs.
Plaignant l’éloignement des étoiles mes sœurs,
J’ai déchiré mon cœur à d’invisibles runes.
Au bord des océans et des mers intérieures,
Au prix de mes années et d’un possible ailleurs,
J’ai trouvé l’ambre gris et le baume odorant.
Mais la lune a brûlé mes yeux écarquillés
Et je suis descendu, en éternel orant,
Aux rives du Léthé, à jamais oublié.