Vous venez des enfers ?
Parce qu'alors, nous serions deux !
" La mort ou bien l'amour ...
TOUT passe et s'en revient ...
C'est l'éternel retour ...
Un mythe fort ancien !
Tel Hadès aux portes des enfers,
Bordant le Styx de son impétueuse présence,
Je sais que tu me veilles comme un frère,
Se remémorant notre enfance.
Tandis qu’un sourire aux lèvres,
Tu me borde naïvement,
Je me bats avec un glaive,
Sur ces rives de sangs.
Tu ne sais pas que je suis proche,
Tu ne sais pas que je suis loin,
Mais dans un eternel reproche,
Tu me tiens encore la main.
Tu me pense assez fort,
Pour braver mon destin,
Mais même tes yeux d’or
N’y peuvent plus rien.
Je suis trop faible maintenant,
Et tandis que dans un Zéphire,
Tu me veilles patiemment,
Je sais que je vais mourir.
Ma gorge s’assèche,
Mes larmes coulent,
Mais rien n’empêche,
Que ses perles roulent.
Sais-tu que je t’aime,
Oh frère de sang !
Sais-tu que je t’aime,
Bien plus qu’apparemment.
J’essaie de m’excuser,
Dans un ultime soupir,
Mais tu ne me laisses m’exprimer,
Et ton entêtement me déchire.
Sais-tu que même dans les pires haines,
Je t’aimais comme avant ?
Sais-tu que dans les pires peines,
Je t’aimais bien trop passionnément.
Nos destins se croisent,
Ils se s’éparent.
Pourtant je sais que je te reverrais,
Plus tôt que tu ne le pense,
Alors je me laisse aller,
Attendant la sentence.
Et sur mes lèvres glacées roulent ses derniers mots :
Mon frère je t’aimais, bien au-delà de tous tes défauts.